Casino Royale 1967 Scénario



Oubliez Daniel Craig. Oubliez Pierce Brosnan. En 1967, James Bond n'était pas encore l'agent secret à la martini que l'on connaît tous. Le premier Casino Royale au cinéma était une comédie satirique complètement barrée, un film à sketches où le scénario part dans tous les sens. Si vous cherchez à comprendre pourquoi ce film n'a rien à voir avec la saga officielle EON Productions, ou si vous voulez simplement savoir de quoi il retourne avant de le (re)voir, on décortique tout ça.

Un contexte de production chaotique

Pour comprendre le scénario de ce Casino Royale de 1967, il faut d'abord regarder les coulisses. À l'époque, les droits du roman de Ian Fleming n'appartenaient pas aux producteurs habituels de la saga 007. Ils étaient détenus par Charles K. Feldman. Ce dernier a tenté de monter un film sérieux avec Sean Connery, mais sans succès. Plutôt que de céder les droits, il a décidé de produire son propre film, en pariant sur la parodie. Le résultat ? Un métrage tourné par cinq réalisateurs différents, sans vision unique, où le script a été réécrit en permanence pendant le tournage.

Une parodie de l'espionnage à la James Bond

Le point de départ du récit semble simple : Sir James Bond, le célèbre espion maintenant à la retraite, est rappelé pour contrer une organisation criminelle. Mais très vite, le scénario dérape. Le réalisateur John Huston (qui joue aussi un rôle dans le film) donne le ton d'entrée : on se moque des codes du genre. L'action se déplace de Londres à Berlin, puis en Écosse, et enfin dans le fameux casino, mais chaque séquence a un ton différent. C'est un assemblage de sketches reliés par un fil conducteur fragile.

Les rebondissements majeurs de l'intrigue

Là où le roman de Fleming était tendu et sérieux, le film choisit l'absurde. Le personnage principal, joué par David Niven, est un James Bond vieillissant, puriste et moralisateur, le contraire exact du séducteur incarné par Connery. L'intrigue tourne autour de la mort du célèbre espion « M » et de la volonté de Bond de le venger.

Le plan farfelu de « Jimmy Bond »

Le méchant, nommé Jimmy Bond (interprété par Woody Allen, dans un casting surprenant), se révèle être le neveu de James. Son plan diabolique ? Lâcher des bactéries pour stériliser la population mondiale des hommes grands et beaux, ne laissant que les hommes petits et laids pour séduire les femmes. C'est à ce niveau de folie que le scénario se situe. On est loin du poker haute tension du remake de 2006. Ici, les armes sont des fléchettes empoisonnées lancées par des agents déguisés en policiers écossais, des bazookas cachés dans des fauteuils, et des explosifs au moindre tournant.

La bataille finale au Casino Royale

La dernière partie du film se déroule dans l'établissement de jeu, comme son nom l'indique. Mais là encore, le scénario prend des libertés totales. Le casino devient le théâtre d'une bataille rangée entre les agents secrets et les hommes de main du méchant. Des cowboys, des indiens, et même un détachement de la Légion étrangère débarquent pour un combat d'anthologie complètement surréaliste.

Une explosion finale sans survivants

Le dénouement est tout aussi atypique. Alors que les « bons » semblent l'emporter, une explosion atomique détruit tout le casino, emportant avec elle presque tous les personnages. C'est une fin apocalyptique et burlesque qui signe l'identité unique de ce film : rien ne doit être pris au sérieux. C'est la négation totale du happy end classique du cinéma hollywoodien de l'époque.

Les différences avec le roman de Ian Fleming

Si le film porte le même nom que le premier roman de Ian Fleming, les points communs s'arrêtent souvent au titre et au lieu. Dans le livre, Bond affronte Le Chiffre, un agent du SMERSH, dans une partie de baccara mortelle. Le ton est froid, psychologique, et l'auteur explore la faille de son héros face à la torture et à l'échec amoureux.

La version 1967 garde le jeu (le baccara) et le nom de Le Chiffre (joué ici par Orson Welles), mais transforme tout le reste en comédie. La romance avec Vesper Lynd devient une source de gags. Le Chiffre n'est plus un banquier du KGB mais un illusionniste manipulateur. Le scénario utilise le matériau d'origine comme un prétexte à l'humour, sans jamais chercher à respecter l'esprit d'origine. C'est une version alternative, un « what if » grotesque qui fascine autant qu'il déroute.

Le casting étoilé au service du désordre

Le scénario sert de véhicule à une pléthore de stars. Outre David Niven et Woody Allen, on retrouve Peter Sellers, Ursula Andress (la première James Bond girl de l'histoire du cinéma), Orson Welles et même Deborah Kerr. Le problème, c'est que chacun joue dans son coin, comme si chacun évoluait dans un film différent. Peter Sellers, qui interprète un « faux » Bond recruté par le vrai, improvisait tellement que les scénaristes ne savaient plus comment intégrer ses blagues. Cela se ressent à l'écran : le rythme est haché, les transitions sont inexistantes, et on passe d'une scène d'action à un numéro de comédie pure sans transition.

FAQ

Pourquoi le Casino Royale de 1967 n'est pas dans la saga James Bond officielle ?

Les droits du roman n'appartenaient pas aux producteurs habituels (EON Productions). Charles K. Feldman les détenait séparément et a produit ce film en dehors du cadre officiel, d'où son statut de film « hors-série ».

Quel est le lien entre le film de 1967 et celui de 2006 ?

Absolument aucun, si ce n'est le titre et l'origine littéraire. Le film avec Daniel Craig est une adaptation fidèle et moderne du roman, tandis que le film de 1967 en est une parodie comique.

Est-ce que Peter Sellers joue James Bond dans ce film ?

Pas exactement. David Niven joue le « vrai » Sir James Bond à la retraite. Peter Sellers joue un personnage nommé Evelyn Tremble, recruté pour se faire passer pour Bond, mais qui est un joueur de baccara maladroit.

Qui est le méchant dans Casino Royale 1967 ?

Le méchant principal est Dr. Noah, alias Jimmy Bond, le neveu névrosé de James Bond, joué par Woody Allen. Orson Welles joue également le rôle de Le Chiffre, mais dans une partie de l'histoire plus centrée sur le jeu.

Le film Casino Royale 1967 est-il considéré comme un bon film ?

Il divise énormément. Les critiques de l'époque l'ont souvent trouvé confus et trop long. Aujourd'hui, il est considéré comme un film culte pour son ambiance psychédélique et son casting, malgré son scénario décousu.